Aujourd'hui, Kitamura-sensei m'a emmené au Musée National de Tokyo (encore !), pour une exposition à laquelle elle participait, aux côtés notamment de sa propre sensei, Sakurai Royô-sensei (elle fait très peur, je l'ai revue aujourd'hui, c'était terrible. Un petit bout de femme japonaise avec des énormes verres fumés, une coiffure rouge qui fait un dôme au dessus de sa tête un peu comme dans Mars Attack, et surtout une attitude très autoritaire) !
(Désolé, les photos sont mauvaises, car prises avec mon téléphone)
Gauche : Kitamura Yôka-sensei ; mix gyô-sho/sô-sho
Centre : Calligraphie récompensée par le jury
Droite : Sakurai Royô-sensei ; mix gyô-sho/sô-sho
J'ai voulu demander à Royô-sensei combien d'heures ça lui avait pris pour réaliser une version de la calligraphie qu'elle exposait (photo ci-dessus). Elle m'a répondu : "Pas d'heure voyons. Trente minutes environ".
Ah ! bon, évidemment...
Sinon, c'était surtout l'occasion d'avoir des cours particuliers avec les sensei présents pour l'occasion, qui sont de GROSSES BRUTASSES de la calligraphie tokyoïte, et après avoir réappris à écrire mon nom en kai-sho (style académique), j'ai eu l'honneur de tracer les mêmes caractères sur un modèle rei-sho fait devant moi par une spécialiste qui m'a dit "c'est pas très réussi, mais bon...". Pour vous faire une idée, son travail, avec du caractère et de la force dans les lignes (à gauche) et ma copie pataude (droite). Y'a pas photo, hein ?...

L'autre avantage de rencontrer des pointures pareilles, outre les conseils pratiques et l'ébahissement devant leur awesomeness (Kung-fu Panda), c'est de se faire connaître d'eux. Apparemment, il n'y a pas des centaines de jeunes Français blonds aux yeux bleus qui font de la calligraphie à Tokyo, et tout ce club terrible de Mamies-pinceau est toujours en émois dés que je trace deux mauvais traits de suite sur un papier. Ça se met à pépiller dans tous les sens, et les "jôzu !" fusent à qui mieux mieux, c'est un régal. J'ai bien conscience que mon statut d'étranger y est pour beaucoup, mais ça me fait toujours un petit quelque chose quand même. Ça ne m'empêche pas d'avoir toujours la pression (du coup), et j'ai la main qui tremble plus qu'elles, alors que je n'ai pas encore l'âge d'avoir Parkinson, moi !
Pour le plaisir des yeux, mon travail des dernières semaines (satanée rei-sho !) :
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